Déploiement des énergies renouvelables (EnR)
Astuce
Tous les graphiques sont interactifs. Vous trouverez en haut à droite de chaque graphique un bouton vous permettant d'agrandir ou de rétrécir l'image. Par ailleurs, il est possible de faire apparaître ou de supprimer une ou plusieurs série.s temporelle.s du graphique en cliquant sur l'élément correspondant dans la légende qui se situe en-dessous dudit graphique.
Corridor de scénarios
Afin de mettre les objectifs du gouvernement en perspective, nous ajoutons sur certains graphique le corridor des scénarios Futurs énergétiques 2050 développés par le Réseau de Transport d'Électricité français (RTE).
Le corridor ici visualisé correspond aux valeurs minimales et maximales parmi les six scénarios reposant sur la trajectoire de référence pour la consommation. Ces six scénarios envisagent des mix de production d'électricité variés, allant du 100% renouvelable au 50% nucléaire/50% renouvelables.
L'exercice de modélisation de RTE offre des valeurs pour certaines variables (e.g. capacité photovoltaïque installée) à horizon 2030, 2040 et 2050. Nous supposons une trajectoire linéaire entre ces horizons pour former le corridor.
Pour comparaison, chaque graphique permet de visualiser le corridor des scénarios développés par une équipe de chercheurs de l'université technique de Berlin à l'aide du modèle GENeSYS-MOD dans le cadre du projet européen openENTRANCE.
Pour un indicateur donné, le corridor de scénarios permet de visualiser les valeurs minimales et maximales des projections à intervalle de cinq ans entre 2025 et 2050 parmi quatre scénarios. Les scénarios considérés sont les suivants : Directed Transition, Gradual Development, Societal Commitment et Techno-Friendly.
Plus d'informations sur la définition des scénarios sont à trouver ici.
Photovoltaïque
La Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE), dont la dernière révision (PPE3) en date a été adoptée en février 2026, fixe un objectif de 48 GW de capacité photovoltaïque installée en 2030 ainsi qu'un objectif bas (resp. haut) pour 2035 de 55 GW (resp. 80 GW). Les objectifs 2035 se situent dans le corridor des scénarios Futurs énergétiques 2050. Les versions précédentes des PPE (PPE1 en 2016 et PPE2 en 2020) prévoyaient des objectifs pour 2023 et 2028 représentés sur le graphique ci-desous à titre indicatif. Dans son discours de Belfort, en date du 10 février 2022, le président de la République française, Emmanuel Macron, a annoncé vouloir atteindre une capacité installée photovoltaïque de 100 GW en 2050. Toutefois, cet objectif n'a pas de valeur légale.
D'après le service des données et études statistiques (SDES), la capacité photovoltaïque installée en France continentale à la fin du premier trimestre 2026 s'élève à 32,1 GW. Depuis la fin de l'année 2023, au moins 1 GW supplémentaire est installé par trimestre. Un ralentissement est visible au premier trimestre 2026, avec seulement 670 MW installés. Cependant, la tendance sur la dernière année écoulée montre qu'il y a une nette accélération des nouvelles installations photovoltaïques par rapport à la tendance sur les cinq dernières années. Une telle dynamique, si elle était maintenue, permettrait d'atteindre et même de dépasser les objectifs de 2030 et 2035.
Énergie éolienne
Terrestre
Dans la dernière révision en date de la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE), adoptée en février 2026, l'objectif pour la capacité installée d'énergie éolienne terrestre s'élève à 31 GW en 2030 et à 35-40 GW en 2035. Ces objectifs revoient à la baisse les objectifs des précédentes versions des PPE. La PPE 2 (adoptée en 2020) prévoyait notamment un objectif de 33,2 GW minimum pour 2028. Par ailleurs, le nouvel objectif bas de 35 GW en 2035 se trouve en-dessous du corridor de scénarios Futurs énergétiques 2050 développé par le Réseau de Transport d'Électricité (RTE).
D'après le service des données et études statistiques (SDES), au premier trimestre 2026, la puissance installée d'éolien terrestre en France était de 24 GW. À en croire la comparaison de la tendance sur les quatre derniers trimestres avec la tendance sur les cinq dernières années (2021-2026), le déploiement de l'éolien terrestre en France a récemment ralenti. En continuant au rythme des douze derniers mois, l'objectif pour 2030 serait manqué mais permettrait d'atteindre l'objectif bas pour 2035.
En mer
En ce qui concerne l'éolien en mer, la troisième révision de la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE), adoptée en février 2026, fixe un objectif de 3.6 GW pour 2030. Cet objectif est nettement moins ambitieux que celui fixé par la précédente PPE, qui prévoyait entre 5,2 GW et 6,2 GW installés pour 2028. Il se situe également en dehors du corridor de scénarios Futurs énergétiques 2050. Pour 2035, la PPE actuelle fixe un objectif de 15 GW, ce qui suppose une très forte accélération du déploiement de l'éolien en mer entre 2030 et 2035.
D'après le service des données et études statistiques (SDES), il y avait à la fin du premier trimestre 2026 2,26 GW d'éolien posé en mer. La première ferme éolienne en mer française au large de Saint-Nazaire a été inaugurée en septembre 2022. En mai 2023, un deuxième parc éolien en mer a commencé sa phase d'installation en mer de Bretagne, dans la baie de Saint-Brieuc. Un troisième parc, le parc éolien de Fécamp, a également été mis en service en 2023.
Dans son discours de Belfort, en date du 10 février 2022, le président de la République francaise, Emmanuel Macron, a annoncé vouloir atteindre une capacité installée d'éolien en mer de 40 GW en 2050. Atteindre un tel objectif supposerait de raccorder chaque trimestre 420 MW additionnels, soit légèrement moins que le parc éolien en mer de Saint-Nazaire (480 MW), sous l'hypothèse supplémentaire que l'objectif de la PPE pour 2035 serait atteint à temps. Précisons toutefois que cet objectif n'a pas valeur légale pour l'instant.
Hydraulique
L'énergie hydraulique est la première source d'électricité renouvelable en France et la deuxième technologie de production électrique après le nucléaire, avec une capacité installée d'environ 25,7 GW en 2023, sans compter les énergies marémotrices, d'après les données de RTE. À l'heure actuelle, les lacs représentent la technologie la plus utilisée, suivie des technologies dites "au fil de l'eau" d'après les statistiques du ministère de la Transition Énergétique. L'objectif fixé pour 2023 de 25,7 GW (énergies marémotrices inclues) a été atteint. Bien que les possibilités d'expansion de l'hydroélectricité en France semblent limitées, la PPE2 prévoit un léger accroissement des capacités installées à horizon 2028 pour atteindre entre 26,4 et 26,7 GW (énergies marémotrices inclues). Ces objectifs sont cohérents avec les projections des scénarios Futurs 2050 de RTE, qui prévoient tous une capacité hydraulique installée de 26,5 GW en 2030. Ces scénarios reposent également sur un accroissement des capacités hydroélectriques pour atteindre 28,2 GW en 2040 et 30,1 GW en 2050.
Part des EnR
dans la consommation finale brute d'énergie
Le code de l'énergie (CE) fixe à 23% la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie en 2020. Par ailleurs, la Loi énergie-climat (LEC) fixe cette part à au moins 33% en 2030.
D'après les données et études statistiques du Ministère de la Transition Écologique, la France n'a pas atteint l'objectif fixé pour 2020 de près de 4 points de pourcentage. Les énergies renouvelables représentaient en 2023 22,2% de la consommation finale d'énergie brute en France, soit une augmentation de 1,7 points de pourcentage sur l'année 2023 par rapport à 2022. Toutefois, le jalon de 24% fin 2023 fixé par la PPE n'a donc pas été atteint. Le retard en matière de part des EnR dans la consommation finale brute d'énergie se maintient donc, étant en 2023 inférieur de 0,8 points de pourcentage au niveau prévu par un accroissement linéaire entre 2020 et 2030, d'ampleur légèrement moindre que le retard constaté en 2022. Cela signifie qu'une certaine accélération a eu lieu en 2023, bien que cette accélération n'ait pas été suffisante pour combler les retards accumulés dans le passé. Notons par ailleurs que la progression sur les cinq dernières années semble avoir été plus lente que la progression linéaire permettant d'atteindre l'objectif de 2030.
Dans la version adoptée en avril 2020 de la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE), la consommation finale brute d'énergie est estimée à 1637 TWh en 2023 et 1489 TWh en 2028. Si les mesures prévues dans la PPE sont effectivement mises en œuvre, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie devrait être de 389 TWh en 2023 (environ 24%) et entre 477 et 529 TWh en 2028 (environ 32 à 35%), ce qui signifierait que la France atteindrait probablement l'objectif fixé pour 2030.
dans la production d'électricité
La loi énergie-climat (LEC) de 2019 maintient l'objectif introduit dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) concernant la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité. Cette part devra être de 40% à horizon 2030 en France. D'après Les chiffres clés des énergies renouvelables - Édition 2024, publiés par le Ministère de la Transition énergétique, cette part s'élevait à la fin de l'année 2023 à environ 30%. La plus grande source d'électricité renouvelable reste l'hydraulique, représentant plus de 42% de l'électricité d'origine renouvelable en France en 2023. L'éolien terrestre quant à lui représente environ 33% de cette production d'origine renouvelable et le solaire photovoltaique environ 16%.
Les perspectives de déploiement des capacités hydrauliques étant limitées, la grande partie de l'accroissement futur de la part des renouvelables dans la production d'électricité devra provenir d'autres sources. Ceci étant, il semble pour l'heure que l'évolution de cet indicateur soit aligné avec les objectifs fixés par la législation en vigueur.